Les travaux de la 17e Conférence Internationale des Institutions de Médiateurs pour les Forces Armées (ICOAF) ont été ouverts le mardi, 7 octobre 2025 à Johannesburg, en Afrique du Sud. Organisée par le Bureau sud- africain du Médiateur militaire sous le thème » Construire des liens – efforts de sensibilisation et de communication des institutions de médiation », cette rencontre de trois jours a connu la participation de plusieurs délégations des institutions de médiation dont celle du Togo, conduite par M. Stan Akpélozim Lokoun. L’objectif de cette assise a été de réfléchir et de voir comment les institutions de médiation peuvent-elles renforcer la confiance et la responsabilité au sein des forces armées afin de faciliter l’échange de connaissances et de bonnes pratiques entre pairs en vue d’élaborer les futures réponses politiques relatives au mandat, aux pouvoirs et au fonctionnement des institutions de médiation.
Au total, quatre séances ont marqué les travaux. La première séance a permis de plancher sur la notion de connaissance du rôle et du mandat de toute institution d’Ombudsman pour son bon fonctionnement. Sans la connaissance de ces droits, les militaires ne peuvent pas exercer un quelconque recours par le biais de mécanismes externes et la seule option est de s’appuyer sur des structures internes qui ne jouissent pas de l’autonomie des institutions d’Ombudsman. La deuxième séance a permis de donner des précisions sur l’opérationnalisation des sensibilisations. Ainsi, les participants ont partagé des expériences et ont été outillés sur les stratégies de sensibilisation spécifiques, les réglementations internes ainsi que les pratiques de communication tout en explorant les enjeux relatifs au format et au public visé par le message. La troisième séance a porté sur les moyens de sensibilisation qui revêtent une multitude de formes impliquant certains compromis. Fondamentalement, les outils, les canaux et méthodes de sensibilisation et de communication utilisés par les institutions de médiation doivent être soigneusement examinés et évalués afin de garantir l’efficacité et l’efficience des approches et soutenir l’indépendance des institutions. En fin, la quatrième séance a permis aux participants d’explorer les approches et d’identifier les besoins spécifiques de chaque public et d’adapter les actions de communication pour y répondre efficacement. Ce qui amène à garantir que les différents groupes militaires puissent bénéficier d’un accès équitable à l’information sur la manière de déposer une plainte auprès de l’institution d’Ombudsman.
Par ailleurs, à l’issue des travaux, la conférence a reconnu, entre autres, que chaque contexte national est unique et a souligné l’importance d’un dialogue international permanent entre les institutions de médiation afin de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales au sein des forces armées. Aussi, une plus grande sensibilisation du public et des pouvoirs publics aux institutions de médiation renforce le contrôle civil des forces armées, la gouvernance démocratique et la résilience face aux reculs démocratiques. La rencontre a relevé que cette sensibilisation nécessite un engagement soutenu auprès des parlementaires, des médias et des partenaires de la société civile, dont la reconnaissance et le soutien peuvent amplifier la visibilité de l’institution. Au demeurant, les participants ont appelé le Centre pour la Gouvernance du Secteur de la Sécurité de Genève (DCAF) à poursuivre ses efforts de soutien aux institutions , notamment par des exercices de renforcement des capacités et des échanges entre pairs.
Il faut noter que la 18e ICOAF se tiendra du 18 au 21 octobre 2026 à Sidney, en Australie.